jeudi 20 juin 2013
 
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Les IST
Les "Infections Sexuellement Transmissibles" (ex MST)

 

INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES

Dr Eric Senneville

Service Universitaire Régional des Maladies Infectieuses

Hôpital Dron, Tourcoing

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Les MST (IST) en 2005
Document présenté au cours du Formathon 2005 le 03-04-05

Lymphogranulomatose Vénérienne

Epidémiologie

Bactérie : Chlamydia trachomatis

Sérotype : L1- L2 - L3

• avait disparu d’Europe • depuis Janvier 2004 de nouveaux cas déclarés à Rotterdam puis dans différentes capitales Européennes • prévalence en Asie, Afrique et Amérique du Sud

Clinique

• Incubation : 2 à 60 jours • Phase primaire :
  micro ulcération génitale indolore, transitoire • Phase secondaire :
  adénopathie inflammatoire, inguino crurale évolue vers la fistulisation
  ano-rectite aigüe, tenesme, douleurs rectale, écoulement muco-purulent, altération de l’état général. • Phase tertiaire : évolue vers la chronicité, fistule, ....

Biologie

• écouvillonnage ou ponction dans 1 milieu de transport (PCR)

Diagnostics différentiels

• Herpès • Maladie de Crohn

Traitement

• Doxycycline® 100 mg X 2 / jour X 21 jours

• En cas de contre indication ou grossesse : Erythromycine 1 gr X 2 / jour X 21 jours

• y penser chez les homosexuels avec des lésions anales ou rectales • chercher une autre IST • traiter et suivre le patient • contrôle 3 semaines après l’arrêt du traitement (PCR) • dépister et traiter les partenaires (60 jours qui précédent l’apparition des lésions)


Human Papilloma Virus

• Risque chez une personne sexuellement active : 80-85% • Prévalence chez les jeunes filles : pic entre 20 et 24 ans

Clinique • Infecte l’épithélium génital • dissémine par contact de muqueuse à muqueuse • Penser aux localisations buccales !!!!! • Asymptomatique Facteurs favorisants • Nombre de partenaires sexuels • Précocité des rapports • Antécédents d’IST • Drogue, Alcool .... Evolution • 80% guérissent • Risque du cancer du col (latence environ 15 ans) Traitement • Azote liquide • Crème type Aldara • Laser


Syphilis

• Juillet 2000, fin de la déclaration obligatoire • Alerte syphilis en France et autres pays développés

Syphilis précoce ou tardive ? • Syphilis précoces : moins d’1 an d’évolution :
  syphilis Iaire, IIaire , latente de moins d’un an
  jamais d’atteinte neurologique parenchymateuse • Syphilis tardives : plus d’1 an d’évolution
  syphilis IIIaire, latente ou plus d’un an
  risque d’atteinte neurologique

Diagnostic • Mise en évidence du tréponème pâle
  microscopie à fond noir (ultramicroscope) :
  immunofluorescence directe sur lame
  amplification moléculaire (PCR)
  coloration argentique sur biopsie
  PL : • formes neurologiques • signes ophtalmiques • échec/HIV Interprétation de la sérologie • VDRL - LCR :
  Négative chez 30 à 50% des patients avec neurosyphilis
  Positive : Argument majeur sauf si PL traumatique, contamination • FTA - TPHA - LCR :
  Négative : remet en cause le diagnostic de neurosyphilis
  Positive : ininterprétable car diffusion passive des anticorps positivant du sérum vers le LCR (sauf si FTA-IgM +) • La mise en évidence de T. pallidum n’est pas un bon critère

A qui proposer une sérologie de la syphilis • en cas de suspicion clinique de syphilis :
  devant toute ulcération génitale
  devant une éruption cutanée, des poly-adénopathies, un syndrome fébrile, une uvéite, une rétinite, une hépatite, une polyarthrite....
  devant des manifestations neurologiques ou psychiatriques compatibles avec une neurosyphilis • devant toute IST, quelle qu’elle soit (infection par le VIH comprise) • en cas de contage récent ou anci en (partenaire infecté) ; • régulièrement en cas de sexualité à risque, en particulier
  homosexualité masculine
  hétérosexualité avec de multiples partenaires (y compris si la seule pratique à risque est le sexe oral).


HSV : Herpès Simplex Virus Type I et II

Clinique • Vésicule et ulcération, douleurs à type de brûlure • Pas de traitement radical • Problème de récurrence (retentissement psychologique) • Herpès néo-natal • Excrétion asymptomatique

Traitement ➢ Valaciclovir : Zelitrex® 1 cp 500mg X 2 /j X 10j si primo-infection ou 1 cp /j X 5 j si récurrence ➢ 500 mg en 1 à 2 prises /j au long cours si au moins 6 récurrences / an (réévaluation à 6-12 mois de traitement) ➢


Urétrite

Diagnostic

• Écoulement : au moins 5 leucocytes/ champ (X 1000)

• 1er jet (après réplétion vésicale d’au moins 4heures) : = 10 leuco/champ (x 400)

• Mauvaise sensibilité :
  60 - 80 % si écoulement
  30 - 40 % sans écoulement ➢ Symptômes sans leucocyturie : 16 % CT + (1% chez témoins)

Germes responsables

1) Neisseria gonorrhoeae (NG) : 10 - 15 % le retour ?

• EU : 600 000 nouveaux cas/an • Canada 2001 : 11,2 / 100 000 habitants (8,9 en 2000) • Russie : 139 / 100 000 habitants

• HMS : 60% (10% en 1986) • 1/3 VIH + (7 % en 1990)

• Formes moins symptomatiques, incubation plus longue • « Réservoir pharyngé » : 15 % • > 80% f. asymptomatiques • fellation non protégée : 60% • augmentation du portage anorectal • 15 - 40% + C. trachomatis

• émergence de résistance aux quinolones

2) Urétrite non gonococcique (UNG)

• C. trachomatis (CT) : 30 - 50 % • M. genitalium (MG) : 20 % • U. urealyticum (UU) : 10 % • T. vaginalis (TV) : 1%

Signes cliniques

1) N. Gonorrhoeae • < 1 % asymptomatique
  30 % écoulement clair • +/- adénopathie, pas de fièvre • Orchi-épididymite, prostatite • Rectite • Rares formes disséminées (1%), articulaires

2) Chlamydia trachomatis D-K • 30-50% des UNG • Gravité des complications chez la femme (CT : 40% des GEU)

• Hommes jeunes : 0,8 à 5 % • Population à risque : 8 à 15 % • > 70% asymptomatique chez l’homme • Ecoulement : • Pus : 15 - 30 % • Intermittent : 20 - 60 % • 50 à 75% des orchi-épididymites

3) Trichomonas vaginalis • 1ère IST dans le monde • 90% asymptomatique chez l’homme

• Urétrite sub-aigüe, balano-posthite • Exceptionnelles prostatites

• Transmission VIH (prévalence 25% TV > risque VIH X 2) • Accouchement prématuré, petit poids de naissance

4) Mycoplasma genitalium • 15 à 25 % des UNG • co-infections C. trachomatis et gonocoque peu fréquentes • Écoulement > 60% • PNN +++

• Portage asymptomatique rare : 1 à 2%

• Urétrites chroniques et récidivantes • Résistance aux antibiotiques :
  cyclines : 70%
  quinolones • Traitement de référence : azithromycine • Prostatites, orchi-épididymites rares • Troubles de la reproduction ?

5) Ureaplasma urealyticum • Pathogène ?
  colonisation : 19 à 45% chez l’homme
  40 à 75 % chez la femme
  auto-inoculation

• Mesure quantitative (culture) • Résistance aux antibiotiques :
  3 à 5 % pour cyclines
  Macrolides, quinolones décrites

• Traitement de référence : clarithromycine (azithromycine efficace) • 3ème cause d’UNG

• Formes chroniques et récidivantes pauci symptomatiques

• Complications
  exceptionnelles, voire controversées chez l’homme
  prématurité, poussées fébriles post-partum, infections néonatales

Prélèvements

Ecoulement ➢ Ex direct : MGG, Gram ou bleu de méthylène : PNN, NG ➢ TGV : culture (gélose chocolat - Thayer-Martin), NG

➢ état frais : TV ➢ culture (Roiron - Diamond...) TV ➢ Milieu de transport pour culture UU

Écoulement favorisé par massage ventral par le patient

➢ Urines : 1er jet • C. trachomatis PCR

• M. genitalium PCR • U. urealyticum culture • TV culture (massage prostatique)

Chez la femme pour CT • Endocol (urètre) si symptomatique • Urines ou écouvillonnage vulvaire ou vaginal si asymptomatique

En l’absence d’écoulement • Prélèvement endo-urétral
  ex direct, culture NG
  état frais TV

• Urines 1er jet : idem

• ECBU 2ème jet

Sérologies

• VIH • hépatites B, C • TPHA VDRL

+ / - pharynx et rectum / culture NG

Traitement

En priorité : • N. gonorrhoeae • C. trachomatis • M. genitalium ?

Privilégier le traitement minute Abstinence 7 jours Traitement du (des) partenaires (2 mois de recul)

Cyclines ? Macrolides ? Quinolones ? Céphalosporines ?

• Cyclines :
  Sensibilité CT
  Coût bas
  Difficulté d’observance
  Résistance de MG

• Macrolides Azithro DU :
  Sensibilité de CT et MG

• Quinolones :
  Résistance de NG
  Coût élevé
  Résistances / MG

• Céphalosporines :
  Référence pour NG 1er épisode • AZITHROMYCINE 1 g DU Ou DOXYCYCLINE 200 mg/j X 7j

• si pus, sujet contact gono, MGG + : + CEFTRIAXONE 250 mg IM Ou : - CEFIMIXINE 400 mg DU - CIPROFLOXACINE 500 mg DU - OFLOXACINE 400 mg DU

Suivi du traitement

• Contrôle entre J8 et J 15

• Persistance de signes isolés : ne pas retraiter systématiquement

• +/ - Contrôle PCR urines après 3 semaines

• Contrôles sérologiques à M1 et M3

Urétrite persistante ou récurrente

• Compliance au traitement • Réinfection • N. gonorrhoeae résistant • T. vaginalis • Prostatite ?, cause psychogène ?

• C. trachomatis résistant : exceptionnel

NB : peu de risque de PID si traitement correct

• U. urealyticum, M. genitalium résistants aux cyclines • T. vaginalis (5% résistantes CDC 2001)

Métronidazole 2 g DU ou 500mg X 2/j (7 jours) + Erythromycine 15 J (3 semaines) ou Azithromycine DU 1g *

* AZITHROMYCINE J1 : 500 mg , J2-J5 : 250 mg/j MG

Traitement empirique ?

• Patients à haut risque d’infection, suivi improbable

• Traiter N.gonorrhoeae et C. trachomatis + MG

• partenaires

Conclusion

• Urétrites = risque VIH

• Résistance de NG

• Rôle de MG et sa résistance aux cyclines

• Traiter sans délai + partenaires

• dépistage et contrôle M1 M3

 
 
Publié le dimanche 3 avril 2005

 
 
 
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