

Définition
La diversification correspond au passage d’une alimentation lactée exclusive à une alimentation qui tend à terme à se rapprocher de celle de l’adulte. Pour l’OMS, elle est l’introduction de tout solide et liquide autre que le lait maternel ou les laits pour nourrissons dans l’alimentation de l’enfant.
Quand « faut-il » débuter la diversification ?
L’OMS et les différentes sociétés savantes recommandent aujourd’hui de débuter la diversification alimentaire de l’enfant à 6 mois, ou entre 4 et 6 mois.
Globalement, il n’y a pas de facteurs limitants digestif ou neurologique à la diversification. A 4 mois, tous les nutriments sont capables d’être digérés et absorbés par le système digestif du nourrisson. A cet âge, la maturation neurophysiologique du nourrisson (capacité de s’asseoir, mimétisme, ouverture/fermeture de la bouche, mastication, etc.) permet la diversification.
L’avantage de la diversification est avant tout nutritionnel. Il est montré qu’après l’âge de 6 mois, la couverture de l’ensemble des besoins nutritionnels, en particulier en énergie, en protéines, en minéraux (fer, zinc) et en vitamines (A et B), ne peut plus être assurée de façon optimale par l’alimentation lactée. Par ailleurs, la diversification favorise la socialisation, l’ouverture sur le monde et les autres, accompagne et stimule la maturation neurophysiologique de l’enfant et permet de développer l’éducation du goût. L’alimentation de la mère pendant la grossesse influence précocement le choix des goûts des enfants.
Comment diversifier ?
En résumé, « le soignant propose ; la mère et l’enfant disposent ». Le poids des générations précédentes, la place de l’enfant dans la fratrie, les conditions socio-économiques et culturelles, et les habitudes alimentaires familiales, exercent une influence sur les modalités de la diversification. Le Comité de Nutrition de la Société Française de Pédiatrie et l’Association des pédiatres libéraux ont émis en 2003 des règles de bon sens qui sont encore valables : alimentation lactée exclusive pendant 4 à 6 mois ; introduction progressive des fruits et légumes au cours du premier mois de diversification ; puis introduction de la viande, du poisson et de l’œuf à partir de l’âge de 5 à 6 mois. Pour la Société Européenne d’Hépatologie, Gastroentérologie et Nutrition Pédiatrique (ESPGHAN), il n’y a pas d’argument scientifique dictant un ordre particulier d’introduction des aliments, mais elle recommande de les introduire un à la fois, et de prendre le temps de voir comment l’enfant s’adapte.
Il n’y a pas d’argument scientifique dictant un ordre particulier d’introduction des aliments.
Le premier risque d’une diversification alimentaire trop précoce est la carence nutritionnelle. Il a été clairement démontré que diversifier trop tôt, avant l’âge de 4 mois, exposait l’enfant à une carence d’apport en calcium, en fer, en acides gras essentiels. Un autre risque est de majorer, chez l’enfant à risque en tout cas, l’incidence de l’allergie. Les recommandations de bon sens sont aussi de ne pas ajouter de sel (éducation du goût et risque à long terme d’HTA), ni de sucre. Pour des raisons caloriques et d’apport en graisses, le lait de vache n’a pas sa place dans la diversification de l’alimentation chez l’enfant avant l’âge de 1 an (sauf éventuellement en boisson de temps en temps), et l’on doit utiliser les formules de croissance adaptées jusqu’à l’âge de 3 ans.
Pour la pratique :
Pas d’arguments d’ordre nutritionnel pour diversifier le nourrisson avant 6 mois.
La diversification trop précoce de l’enfant au sein peut conduire à l’arrêt prématuré de l’allaitement.
Retarder la diversification à 6 mois en cas d’allaitement maternel et de risque d’allergie.
Introduire les nouveaux aliments un par un.
Pas de lait de vache avant 1 an.
Introduire de bonnes sources de fer (viande) et d’acides gras polyinsaturés (poisson).
Ne pas ajouter de sel et de sucre.
L’introduction du gluten progressive entre 4 mois et 7 mois quand l’enfant est allaité diminue l’apparition non seulement d’une maladie coeliaque, mais aussi du diabète non insulino-dépendant et d’une allergie au blé.
La restriction de l’apport de graisse est injustifiée chez l’enfant de moins de 3 ans (apport recommandé 25 % de l’énergie totale).
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