

Synthèse et recommandations de l’audition publique des 13 et 14 novembre 2006 Sous la direction de : François Bourdillon Jean-Louis San Marco Président de la Société française de santé publique, CHU Pitié-Salpêtrière, Paris Président de la Commission d’audition, Hôpital de la Timone, Marseille 13 Décembre 2006
La Commission d’audition a jugé utile de faire les recommandations suivantes indispensables au succès de la nouvelle politique vaccinale :
La politique vaccinale est une part indissociable d’un plan global de lutte contre la tuberculose.
a - Développer la lutte contre la tuberculose
Si l’incidence de la tuberculose continue à diminuer dans les pays industrialisés, la tuberculose demeure un risque sanitaire. La LAT a été retenue comme prioritaire dans la loi de santé publique du 9 août 2004. La politique vaccinale n’est qu’un des éléments du programme de lutte contre la tuberculose. La Commission d’audition a noté avec intérêt les axes du nouveau programme de lutte contre la tuberculose qui vise notamment à assurer un diagnostic précoce et un traitement adapté pour tous les cas de tuberculose maladie et d’infection tuberculeuse latente et à améliorer le dépistage de la tuberculose. Sans renforcement du programme actuel de lutte contre la tuberculose la levée de l’obligation de vaccination par le BCG exposerait au risque d’augmentation des cas de tuberculose notamment des formes graves de l’enfant. C’est un préalable à la levée de l’obligation vaccinale. La nouvelle politique de LAT doit être accompagnée de moyens humains et financiers à la hauteur de ses objectifs et de ses ambitions (en particulier en fonction des niveaux de prévalence). La Commission d’audition demande instamment que les éventuelles économies dégagées par la levée de l’obligation vaccinale soient intégralement réaffectées à la politique de lutte contre la tuberculose. Enfin, des liens doivent être établis avec la politique périnatale pour maintenir la protection des enfants exposés aux formes les plus graves.
b - Communiquer et Informer
La Commission d’audition recommande l’élaboration :
d’une campagne d’information du grand public sur le risque tuberculeux et l’intérêt de la
vaccination par le BCG, déclinée au niveau local, départemental ou régional ;
d’une campagne d’information adaptée aux personnes les plus exposées au risque de
tuberculose ;
d’une campagne d’information en direction des professionnels de santé sur la tuberculose et la
vaccination par le BCG ;
d’une fiche d’information pour les familles sur la vaccin BCG.
c - Former - Déléguer - mobiliser les structures publiques
La Commission d’audition recommande :
de proposer une formation des professionnels de santé à la vaccination BCG intradermique
notamment des médecins et sages-femmes de maternité, mais aussi des généralistes,
pédiatres, médecins de PMI et des centres de vaccination ;
d’étudier la possible délégation des tâches de vaccination à des infirmières ou des
puéricultrices formées.
Cela va de pair avec la mobilisation des structures publiques (Maternité, PMI,...) pour une vaccination
précoce.
d - Adapter les outils à la vaccination
La Commission d’audition recommande aux laboratoires pharmaceutiques de faire des efforts de conditionnement du vaccin (nombre de doses par flacon, seringue, remplacement de l’aiguille actuelle par une aiguille de format 26G 3/8 ; 0.45x10 mm, dont le biseau est plus court, information sur les flacons et/ou les boites des modalités de vaccination) et d’information - formation des vaccinateurs.
e - Renforcer la surveillance épidémiologique et l’évaluation de la politique vaccinale et des pratiques professionnelles
La Commission d’audition recommande de renforcer la surveillance épidémiologique et l’évaluation de
la politique vaccinale :
suivi épidémiologique de la tuberculose ;
analyse de la couverture vaccinale de l’ensemble des enfants par les certificats de santé du 9e et du
24e mois, examens pratiqués lors de l’entrée en école maternelle et enquêtes de santé scolaire ;
études ad hoc pour évaluer la nouvelle politique vaccinale et apprécier le taux de couverture
vaccinale lié à la nouvelle politique de vaccination.
Elle recommande également :
le maintien d’un haut niveau de pharmacovigilance ;
la mise en place d’études de sociologie médicale pour documenter les impacts et les limites de la
nouvelle politique vaccinale et apprécier les comportements et les attitudes face aux vaccins des
familles et des professionnels.
f - Créer un Haut conseil de lutte contre la tuberculose
La Commission d’audition recommande la création d’un Haut conseil de lutte contre la tuberculose responsable de la mise en place du nouveau programme de lutte contre la tuberculose et en charge de la cohérence entre la nouvelle politique vaccinale et les actions de lutte contre la tuberculose..